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Dominique Allain
Le travail de Dominique ALLAIN représente à l'extrême le raffinement psychologique du problème Raku dans la pratique de la sculpture. Une pratique habituelle, à laquelle de nombreux artistes contemporains se ressourcent dans de différentes tendances esthétiques, mais de laquelle il a, à un degré particulièrement original dans l'expressivité et l'élaboration du corps, décuplé la puissance évocatrice. Le corps pour ALLAIN est le miroir des impulsions internes de ce qui est. Né en l'année 1952 dans la proximité de Paris, une enfance maladive l'a forcée à plusieurs séjours hospitaliers. Ce contact avec le monde de la douleur humaine cause une rébellion, qui augmentera depuis contre toutes les formes d'autorité qui tenteraient de s'exercer sur lui. Il s'installe en 1972 à Paris et découvre l'art contemporain. Il fait partie depuis l'âge de 11 ans des élèves du classique Camille LAMBERT (prix de Rome) en peinture, dessin et gravure. C'est à l'âge de 13 ans que Pierre GAVINI commence à lui enseigner le tournage et la céramique. dès 1970, il aborde la technique de la dilution qu'il applique à sa peinture. Il fait sa première exposition personnelle de dessins en l'année 1973, et en 1975 de sa céramique. Cette même année, ALLAIN s'initie à la sculpture avec modèle vivant aux beaux arts de Basclem. Le rythme de la production et des expositions s'accélère, et l'introduction de la terre dans sa matière : le corps dans sa pathologie et sa mutilation, l'obsolescence, la mort sous toutes ses formes : le corps est représenté d'abord par les éléments du corps, alors travaillés à la terre blanche.
En 1983 il part vers les sciences, et les techniques, qu'il laissera définitevement en 2000. C'est la raison du retour à la céramique, de ses premières sculptures en terre cuite raku à la peau martyrisée. Il se fraye le chemin vers le réalisme du corps par la peau avec ses entailles, ses craquelures, ses mutilations, et dévoile l'intimité du "humain", en montrant la banalité de la souffrance.
En 2003 son exposition intitulée "arts et traditions d'Allainska" à la maison de l'Italie à Paris souligne le commencement d'une expression active en céramique, qui durera jusqu'à sa fin brutale. Sa première sculpture d'un corps humain en grandeur nature, réalisée en 2005 fut volée dans son atelier par un collectionneur sans scrupules. Dès lors ses personnages "fiction de représentation", se sont développés. Pierre DIGAN dit de son art: "Tout est faux sauf l'illusion". Dans le travail de Dominique ALLAIN l'invention du corps est le moteur même, le procédé créateur. Cela exige un engagement technique, physique et psychologique, dans lequel le sculpteur est passé maître. C'est un moteur unique dans son intensité. Dans un deuxième temps le sculpteur a changé la terre cuite pour le Raku. La cuison "raku" limite la dimension des morceaux, mais elle permet une profusion des effets de matière et de couleur en surface sur la peau témoin. Les nouveaux travaux reviennent à une conception plus classique sur une base en métal, qui les réhausse et qui souligne la gamme chromatique diversifiée sur les parties du corps. La métamorphose des statues en terre, qui est due au Raku, les accompagne de la lumière, comme si le passage du feu leur laissait les traces d'un "après le temps", comme si le Chaman auvait mis dessus un onguent terrible contre les mauvais esprits (Comme si passer par l'enfer était rédempteur). Avec leur peau défoncée, elles nous intriguent et fascinent, nous apparaissent rigides dans leur immanence intemporelle. Elles nous donnent à prévoir ou suspecter l'image de l'autre, qui est dans nous.
John K. SOLLIVAN
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